Dans quels cas choisir des tissus anti-feu ?

Lundi 26 juillet 2021

Rideaux occultants, voilages, couvre-lits, et coussin… Les textiles d'ameublement anti-feu offrent un large choix de motifs, de couleurs et de finitions, sans concession pour la sécurité des individus. Ils permettent de réduire la vitesse de propagation du feu et sont incontournables dans les établissements recevant du public (ERP). 

tissu anti feu

Qu'est-ce qu'un tissu anti-feu ? 

Un tissu anti-feu est conçu pour retarder ou empêcher la propagation des flammes. Derrière cette définition simple se cachent deux réalités techniques bien distinctes. Certains tissus sont traités dans la masse : les retardateurs de flamme sont intégrés directement à la fibre lors de la fabrication, comme dans le Trevira CS. Leurs propriétés ignifuges résistent aux lavages répétés et ne s'estompent pas dans le temps. D'autres tissus reçoivent un traitement de surface, appliqué après fabrication. Ce procédé est courant pour les matières naturelles comme le coton, mais son efficacité peut diminuer après plusieurs nettoyages à l'eau, ce qui impose généralement un entretien à sec. 

En France, les tissus d'ameublement restent soumis au classement M (norme NF P92-507), qui échelonne leur réaction au feu de M0 (incombustible) à M4 (facilement inflammable). Les tissus qualifiés « anti-feu » ou « non feu » correspondent à la catégorie M1, équivalente à la norme B1 utilisée dans plusieurs pays européens. Ce classement coexiste avec les Euroclasses, qui s'appliquent aux matériaux de construction portant le marquage CE. 

 

Norme anti-feu : quels secteurs sont concernés par l'obligation ? 

Tout établissement recevant du public (ERP) se doit d’adopter les bons gestes en matière de prévention du risque incendie. Cela inclut la mise à distance des produits inflammables par rapport aux corps chauds ou encore la vigilance renforcée auprès des enfants en bas âge.  

L’ameublement est un vecteur de propagation du feu et doit faire l'objet d'une sélection appropriée, notamment dans l'aménagement ces ERP qui engagent leur responsabilité vis-à-vis de la sécurité de leurs visiteurs.

Les matériaux d’aménagement affichent des propriétés bien distinctes et des comportements au contact du feu qui se révéleront plus ou moins bien adaptés à leur utilisation dans un ERP. Les matériaux facilement inflammables sont d’office écartés au profit de catégories plus résistantes. 

Initialement, le classement conventionnel français classait les matériaux de M0 à M4, avec : 

  • M0 : incombustible ; 
  • M2 : difficilement inflammable ; 
  • M3 : moyennement inflammable ; 
  • M4 : facilement inflammable. 

Le classement M définissait la réaction des matériaux au feu pour les produits de construction depuis 1983, avant d’être abrogé en novembre 2002. Lorsque le produit dispose du marquage CE, c’est la norme NF EN 13501-1 qui permet d’évaluer le risque incendie propre à chaque matériau. Cette norme sert de socle au classement Euroclasses qui tient compte de 3 facteurs essentiels à l'anticipation du risque incendie : 

  • le comportement au feu ; 
  • la production de fumées ; 
  • l'apparition de gouttelettes incandescentes. 

Le comportement au feu s’évalue de A à F, la densité ou l’opacité des fumées de s1 à s3 et la quantité de débris enflammés de d0 à d2. Ce nouveau classement vise principalement les produits de construction tandis que le classement français M reste applicable aux produits d’aménagement comme les rideaux

Les seuils réglementaires à connaître 

Dans les escaliers encloisonnés et les dégagements, les rideaux doivent impérativement appartenir à la catégorie M1. Pour les locaux dont la superficie dépasse 50 m², un tissu anti-feu M1 ou M2 suffit. Les rideaux de scènes et d'estrades, eux, sont systématiquement soumis au M1 quelle que soit la surface. Cette règle s'applique autant aux théâtres qu'aux salles polyvalentes ou aux cinémas. 

Hôtellerie, EHPAD, restauration : les secteurs les plus exposés 

Certains établissements recevant du public impliquent un usage intense et fréquent de linge et de tissus d'ameublement. C'est le cas des hôtels, des résidences de courts et moyens séjours, des EHPAD ou encore des centres d'accueil spécialisés. Toutes ces structures possèdent des tissus d'aménagement et des jeux de linge de lits et de bain. Ces établissements sont aussi ceux où les textiles subissent le plus d'usure : lavages fréquents, rotations intensives, contrôles réguliers des commissions de sécurité. La conformité aux normes anti-feu n'y est pas seulement une obligation de départ, elle doit être maintenue dans la durée. 

 

Norme anti-feu : qui est concerné ? 

Chaque individu se doit d’adopter les bons gestes en matière de prévention du risque incendie. Cela inclut la mise à distance des produits inflammables par rapport aux corps chauds ou encore la vigilance renforcée auprès des enfants en bas âge. L’inspection régulière des installations électriques doit garantir leur conformité, notamment au niveau des interrupteurs, des prises et du disjoncteur de branchements pour une réaction rapide et efficace en cas de surcharge sur le circuit électrique intérieur. La conformité de tous les appareils et équipements branchés sur le circuit doit être vérifiée avant l’achat, mais surtout avant leur branchement sur circuit. Cela concerne l’ensemble des produits avec une vigilance particulière sur les dispositifs les plus à risque : chauffage d'appoint, appareils de cuisson, multiprises…  L’ameublement est quant à lui un vecteur de propagation du feu et doit faire l'objet d'une sélection appropriée, notamment dans l'aménagement des établissements recevant du public (ERP) qui engage leur responsabilité vis-à-vis de la sécurité de leurs visiteurs. 

Ce que le classement ne dit pas toujours 

Choisir un tissu anti-feu ne se limite pas à cocher une case réglementaire. Un tissu M1 limite la propagation des flammes, mais sa capacité à contenir la diffusion des fumées constitue un critère tout aussi déterminant surtout dans les grands espaces. Certains rideaux sont ainsi qualifiés de « coupe-fumée », une propriété complémentaire à l'ignifugation qui peut faire la différence lors d'une évacuation. 

L'entretien est un autre point souvent sous-estimé. Pour les tissus traités en surface, le choix d'un lavage à l'eau plutôt qu'à sec peut suffire à dégrader les propriétés ignifuges au fil du temps. Vérifier les recommandations du fabricant avant de définir un protocole d'entretien, c'est préserver la conformité dans la durée et non seulement à la livraison. 

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